Nouvelle du 14/12/2007
[Mes opinions]
[14-12-2007] Vérifier une facture de la SABAM: un conseil populiste
Le respect du droit d'auteur est clairement à rappeler auprès des plus jeunes générations. Ces dernières ne sont pas plus malhonnêtes que les précédentes mais méconnaissent visiblement certaines règles de base. Cela se ressent notamment dans les multiples cas de plagiats observés dans les travaux remis dans l'enseignement supérieur et universitaire (Compilatio, éditeur d'outil commercial de détection de plagiat, parle de génération copier-coller). Par ailleurs, ce qui constitue une pratique courante devient souvent, de fait, considéré comme légal. Comme, par exemple, le téléchargement de musique protégée sur Internet ou la copie sauvage de cédés.
Autre besoin, me semble-t-il, des plus jeunes générations: la légitimité. Une règle stupide sera mal acceptée. D'où l'importance d'expliquer pourquoi le texte d'un autre auteur doit être cité si utilisé ou pourquoi il faut respecter la création artistique (et les modes de diffusion choisis par les auteurs).
On peut noter deux problèmes dans le cas de la musique en ligne. D'une part, le faible nombre d'offres adaptées et compétitives. Voir à ce propos un ancien billet sur les 4C et le P2P. D'autre part, le caractère sulfureux de certaines personnes qui défendent l'application du droit d'auteur, d'où une décridibilisation des lois qui protègent la création.
Dernier exemple en date: la réaction outrée de la SABAM face à cette recommandation de Bart Tommelein (Open VLD): ''Ne payez jamais une facture de la Sabam les yeux fermés'' [1]. A priori, rien de surprenant. Primo, payer une facture les yeux fermés est idiot. Secundo, l'erreur est humaine: je me souviens encore d'une anecdote racontée sur Jamendo, d'un cafetier qui avait dû se battre contre l'équivalent espagnol de la SABAM pour faire admettre qu'il diffusait de la musique ''libre'', et qu'il ne devait donc rien leur payer!
Ce qui est intéressant, c'est de voir l'impopularité de la SABAM (sans doute exacerbée par sa réaction aggressive) dans les commentaires de l'article [1]:
- ''Ce qui m'écoeure le plus c'est que la SABAM perçoit souvent le plus gros des bénéfices des soupers de spectacle d'école qui doivent aider l'école à acheter du matériel. Vous savez qu'une chorale doit payer des droits sabam même en interne pour la photocopie de chaque texte protégé ? Il y a déjà des cas de chorales arrêtées par l'opiniatreté de la Sabam.''
- ''Un de mes amis compositeur a reçu a plusieurs reprises des invitations à payer pour avoir joué ses propres oeuvres alors qu'il n'est pas affilié à cette société.''
- ''Avec la Sabam, si vous sortez un CD composé de vos propres oeuvres, vous devez malgré tout payer des droits d'auteur (qui vous seront reversés 2 ans plus tard, amputés des "frais de gestion"). Au Canada, on ne paie pas à la Socan dans ce cas de figure.''
- ''Il y a des témoignages d'unité scoutes qui ont vu la SABAM arrivé pour leur faire payer le droit de chanter durant les veillées car comme les prairies sont des espaces ouverts, ils les considèrent comme public.''
Dès lors, pas sûr que la communication adoptée ici par la SABAM soit vraiment la bonne et contribue à faire remonter sa cote de la popularité...
Source :
[1] http://www.lesoir.be/actualite/belgique/ (...)
[Commentaires (0)] [Lien permanent]
Faites connaître ce billet:
Publicité:













Robert VISEUR